Les contes, des portes ouvertes sur l’invisible

Les contes, des portes ouvertes sur l’invisible

Les contes nous aident à relier notre âme à celle du monde, à nous rappeler que nous ne sommes pas seuls, que la réalité dépasse ce que l’on entend d’ordinaire par « réalité ». Ils réveillent en nous le souvenir de la Source et restaurent le lien entre Ciel et Terre. Examinons cela plus en détail [+ un conte en audio à la fin].

Je ne sais pas vous mais pour ma part, petite fille, je sentais confusément dans certaines histoires la présence d’un mystère, un surplus aux mots prononcés qui touchait mon âme et semblait ouvrir la porte sur un monde dont j’ignorais tout mais qui m’appelait. Et c’est pour cela que j’aimais entendre et lire des histoires, des contes. Certains ont laissé des traces indélébiles dans mon cœur. Nous allons parler ici du conte comme « outil » de reconnexion à la Source.

Les contes, comme outils de « reliance » au monde de l’esprit, à l’invisible, ont aussi le pouvoir de guérir notre âme et, ce faisant, notre corps. Ils font leur chemin à travers nos cellules après qu’on les ai écoutés. Ils nous sculptent de l’intérieur, ils réveillent les étincelles de vie qui ne demandent qu’à jaillir.

Le langage commun aux hommes et aux dieux

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ». Si cette célèbre maxime est vraie, dit Annick de Souzenelle dans « Le symbolisme du corps humain », alors forcément « il doit exister les traces d’un dialogue reliant entre eux l’Homme et Dieu ».
Et le langage compatible à la fois avec l’humain et le divin c’est celui que nous proposent les Dieux depuis la nuit des temps : les légendes, les mythes et les symboles. Pour Annick de Souzenelle, « il est de la plus grande urgence de redonner au conte, à la légende, au mythe, au rituel, leur place dans notre vie et de les laisser nous informer. C’est là le chemin de la Connaissance ».

Les mots, le Verbe, les histoires, les contes peuvent en effet soutenir la vie de l’âme, nous aider à entendre sa voix aussi, à écouter ses désirs et besoins profonds.

Quelles sont les différences entre les contes et les mythes ?

Le mythe propose une explication universelle du monde, s’adressant ainsi à la société entière. D’ordre divin, il renvoie aux fantasmes originaires (comme le célèbre mythe d’Œdipe, à l’origine du complexe du même nom, le montre bien). Son héros a un nom.

Le conte est lié à l’imaginaire, il renvoie sur le plan psychologique au roman familial. Il s’adresse donc à un groupe, voire à un individu. Chacun y puise ce qu’il peut y prendre. Son héros n’a souvent pas de nom.
Conte et mythe ont tous deux pour fonction de transmettre un savoir, une règle, une loi.

Faire communier l’âme humaine avec celle du monde

La symbolique des contes nous permet d’entrer en contact avec « ces lieux où l’intime devient immensité et où l’immensité devient maison de l’intimité » dit Marie-Claire Dolghin-Loyer dans son livre Les saisons de l’âme.

« Que peuvent les contes ? Presque rien mais beaucoup : nous aider à changer le regard que nous portons sur notre monde et sur notre vie. Nous réapprendre l’innocence.
Que murmurent les contes ? Que nous ne sommes pas seuls. Que nous sommes entourés de présences invisibles, certes, mais aussi vivantes que nous. Les contes nous répètent depuis toujours que le visible et l’invisible sont les deux seuls vrais pays du monde, et qu’entre eux sans cesse on s’observe, on se visite, on va et vient » dit le conteur Henri Gougaud dans Renaître par les contes.

Et Jacqueline Kelen de renchérir dans Une robe de la couleur du temps : « les contes réveillent celui qui les entend. Ils lui rappellent la présence d’un autre monde et la haute destinée à laquelle il est promis ». Elle ajoute : « les contes sont des messagers et des médiateurs. Inlassablement, ils restaurent les fils qui relient la Terre au Ciel, l’humanité aux dieux, l’âme à sa patrie d’origine ».

Adopter le rythme du héros du conte

Le conte met en scène des détours que l’homme contemporain ne s’autorise plus, même lorsqu’il voyage, tant il est obsédé par l’idée d’arriver le plus vite possible à sa destination. Le héros des contes, lui, avance lentement. Cela autorise l’histoire à lui présenter des rencontres insolites, des lieux bien cachés, de faux hasards… Des choses dont nous rêvons qu’elles nous arrivent alors même que nous ne sommes plus accordés à « la musique du cœur du monde » (pour reprendre une formule d’Henri Gougaud).

Les contes nous invitent à ralentir, éveillent cette part de nous reliée à notre âme par notre imaginaire, nous rappellent notre devoir d’humains s’étant incarnés sur cette Terre : réunir nos parts divines et humaines, devenir la reine ou le roi de notre Royaume, ici, dans ce corps, avec les cartes que nous avons reçues à la naissance pour jouer à ce jeu infini de la Vie.

Un conte qui a surgi

Avant d’écrire cet article j’ai ressenti l’impérieuse nécessité de m’enregistrer. Je ne savais pas ce que j’allais dire lorsque le micro serait allumé mais j’ai décidé de faire confiance à cette petite voix m’intimant d’ouvrir mon micro. Et c’est un conte qui est né là spontanément, à mon grand étonnement. C’est lui qui m’a conduit à écrire cet article (que j’avais déjà l’intention d’écrire).

Le voici, tel qu’il m’est venu (je ne retouche pas l’audio) :

La petite fille et la maison de l’âme

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